Depuis le 1er juillet 2026, une nouvelle vague réglementaire européenne concerne les gestionnaires de flottes de véhicules utilitaires légers. Le Paquet Mobilité de l’UE abaisse le seuil d’obligation du tachygraphe intelligent à 2,5 tonnes, là où seuls les poids lourds étaient auparavant visés. Pour beaucoup d’entreprises, la mise en conformité est urgente, et certaines n’ont pas encore mesuré l’étendue de l’obligation.
Ce que la réglementation impose désormais aux VUL
Tout véhicule utilitaire dont la masse maximale autorisée (case F.2 de la carte grise) dépasse 2 500 kg est concerné dès lors qu’il effectue du transport international ou du cabotage. Un seul trajet transfrontalier dans un cadre commercial suffit à déclencher l’obligation. L’appareil exigé est exclusivement le tachygraphe intelligent de 2e génération (Gen2 V2), qui enregistre vitesse, temps de conduite, identité du conducteur et passages de frontières, avec géolocalisation automatique toutes les trois heures.
Pour en comprendre précisément le fonctionnement et les obligations associées, la page https://www.webfleet.com/fr_fr/webfleet/lp/digital-tachograph/ détaille les règles de téléchargement (carte conducteur tous les 28 jours, unité embarquée tous les 90 jours) et les types de cartes à obtenir.
Un point génère régulièrement de la confusion : le transport strictement national reste exempté jusqu’à 3,5 tonnes. De même, le compte propre (livraison de sa propre marchandise vers ses propres sites) n’est pas soumis à cette obligation. En revanche, transporter la marchandise d’un client, même ponctuellement, relève du compte d’autrui et déclenche l’obligation dès 2,5 t à l’international.
Risques et coûts d’une mise en conformité tardive
Les conséquences d’un défaut d’équipement sont concrètes : amende pouvant atteindre 7 500 euros pour l’entreprise, immobilisation du véhicule sur place lors d’un contrôle, et donc blocage d’une tournée entière. La falsification de données, elle, expose à des sanctions bien plus lourdes, jusqu’à 30 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement.
Côté budget, l’installation d’un boîtier Gen2 V2 par un centre agréé coûte entre 600 et 1 300 euros HT par véhicule (matériel et pose). Ces centres agréés étant peu nombreux, les délais se sont allongés à l’approche du 1er juillet 2026. Les entreprises disposant d’un parc mixte poids lourds et VUL ont parfois concentré leurs efforts sur les premiers, en oubliant que la vague de juillet visait un parc différent.
Gérer la conformité à l’échelle d’une flotte
Pour les flottes dispersées, télécharger manuellement les données de chaque véhicule toutes les trois semaines représente une charge réelle. Des solutions logicielles permettent d’automatiser ce processus : téléchargement à distance des cartes conducteur et des unités embarquées, alertes avant dépassement des temps de conduite, rapports exportables pour les contrôles, archivage sécurisé conforme au RGPD. Ce type d’outil transforme une contrainte administrative en levier de planification, notamment pour optimiser l’affectation des conducteurs selon leurs disponibilités réelles.
La réglementation sur les flottes de transport continue d’évoluer : un inventaire systématique des véhicules de plus de 2,5 tonnes reste la première étape pour savoir où en est réellement sa flotte.

